vendredi 6 avril 2012

"Les règles du jeu"


A l'aube de 1938, Kate et son amie Eve, qui travaillent comme secrétaires à Manhattan et partagent une chambre dans une modeste pension pour femmes, rencontrent Tinker dans un club de jazz. Le jeune banquier est riche et séduisant. L'espace de quelques jours excitants, ils font la fête ensemble. Puis, un soir où Tinker conduit, ils ont un accident de voiture. Eve passe à travers le pare-brise. Blessée au visage et à une jambe, elle restera infirme. Parce que Tinker culpabilise, il lui propose de s'installer dans son luxueux appartement et entreprend de lui faire mener la grande vie...

"Une histoire de triangle amoureux", pensez-vous après avoir lu cette entrée en matière. En fait, non. Assez vite, Tinker et Eve disparaissent de la scène, et même si elle ne cesse de penser à eux, Kate continue à tracer son chemin au fil de ses rencontres professionnelles et amicales. Un roman initiatique, alors? Un peu. Kate se dévoile très progressivement au fil des pages, et de la même manière, elle découvre les secrets des gens qui l'entourent. Aucun d'eux n'est réellement ce qu'il semble au premier abord, et dans les moments cruciaux, aucun d'eux n'aura la réaction qu'elle attendait. Chacun mène sa vie selon ses propres règles du jeu et influence, parfois sans le vouloir, celle des autres.

Difficile de résumer le premier roman d'Amor Towles. Mais j'ai adoré son écriture pleine de sensibilité, le regard perspicace qu'il porte sur les gens et les choses, ainsi que le beau portrait de femme indépendante qu'il trace en la personne de Kate. Contrairement à "Rien n'est trop beau", qui se passe également à New York et dont l'héroïne partage beaucoup de caractéristiques avec cette dernière, "Les règles du jeu" (en VO: "Rules of Civility") ne constitue pas un témoignage sur la condition féminine à une époque donnée. C'est le récit d'une trajectoire individuelle l'espace d'une année - mais une trajectoire humainement passionnante. Je vous le recommande chaudement.

2 commentaires:

Isa a dit…

Argh. Dès que j'ai vu la couv', j'ai su que j'allais craquer. C'est décidé, je ne te lis plus.
Jusqu'à demain.

Sophie a dit…

Oh d'après mon expérience, les livres dont on ne sait pas vraiment parler, sont les meilleurs, j'ajoute ... merci.