lundi 26 septembre 2016

Les brunchs du dimanche (42): Madame Chapeau




Non loin du Manneken Pis a récemment ouvert un restaurant dédié à un incontournable de la gastronomie belge: le stoemp (prononcer "stoump"), cette purée qui mélange de la pomme de terre à un autre légume et à une quantité spectaculaire de beurre, et que l'on accompagne généralement de saucisse parce qu'à ce stade, on n'est plus à 2000 calories près. "Madame Chapeau" porte le nom d'n personnage du folklore local dont on peut d'ailleurs admirer la statue tout près. Et le dimanche de midi à 16h, on peut y déguster un des brunchs les plus copieux et les plus variés qu'il m'ait été donné de voir. 







Pour 25€, on a droit à une boisson chaude (café, thé Palais des Thés) ou froide (vin pour ceux qui le désirent) et un accès illimité au buffet. En sucré, nous avons particulièrement aimé les mini-viennoiseries et le pain perdu; en salé, les plats chauds délicieux: saucisses, boulettes, champignons persillés et courgettes à la crème. Il y avait également un classique assortiment froid de charcuterie, de saumon fumé, de fromages et de salades composées. 

Outre le contenu de ce buffet, qui aurait déjà amplement suffi à rassasier son homme, le serveur est régulièrement venu nous proposer des spécialités préparées sur demande par la cuisine: d'abord des oeufs brouillés nature ou à la truffe, puis le fameux stoemp qu'il aurait vraiment été dommage de ne pas goûter (au choix: carotte, poireau, chicon ou épinards), et enfin des crêpes maison. De quoi satisfaire même les appétits les plus exigeants!




Petit détail qui parachève la belgitude de l'endroit: sur les murs des toilettes sont affichés des termes de brusseleir avec leur traduction en français. Nous avons très bien mangé et nous reviendrons sûrement déguster un stoemp-saucisses seuls ou avec des invités de passage à Bruxelles. 

Rue du marché au charbon 94
1000 Bruxelles

dimanche 25 septembre 2016

Les joies de la semaine #38




Lundi: et c'est encore Lady Pops qui arrive à me rassurer quand je suis à deux doigts de paniquer

Mardi: cheveux blancs coupés courts, silhouette bronzée et élancée, ample robe rouge à pois blancs: elle est si belle la vieille dame assise en face de moi dans la salle d'attente / la compassion de Gentil Généraliste qui tend le bras par-dessus son bureau pour presser le mien doucement et qui, malgré des patients attendant jusque dans le couloir de son nouveau cabinet, continue à me parler tant qu'il n'a réussi à me convaincre que ça n'est sans doute pas grave / mon billet d'hier en petite Une humeurs de HelloCoton / réussi à installer ma nouvelle imprimante toute seule

Mercredi: maux de ventre en sourdine aujourd'hui / après avoir rangé et nettoyé tout l'appart', m'accorder un bain aux chandelles / résoudre mon problème d'agenda-à-garder 2017 en décidant d'utiliser un beau carnet vierge et d'opter pour le free style

Jeudi: avoir le temps de faire un vrais repas pendant ma correspondance à Paris / alors que je désespère de trouver une lecture pour le Thalys, tomber sur le premier tome d'Agatha Raisin bien planqué sous une pile de tomes 2 en VF

Vendredi: ravie d'avoir terminé la trad pénible sur laquelle je bossais depuis début juin / commencer "The good place", la nouvelle série avec Kristen Bell

Samedi:  commander cette jupe pour laquelle j'ai eu un coup de coeur, en espérant qu'elle m'ira / bonne pêche chez Pêle-Mêle avec deux romans grand format qui étaient sur ma LAA (Liste à Acheter) / Chouchou et moi sortons tous les deux absolument enchantés de notre premier cours d'aerial yoga / promenade-shopping en solo dans le centre: deux bouquins et un superbe tote bag renard chez Waterstones, un T-shirt rayé rouge et blanc chez Promod, un pull gris à étoiles chez Naf-Naf, la dernière bédé de Pénélope chez Brüsel, une robe Sugarhill noire à motif champignons - me voilà rhabillée pour l'automne!

Dimanche: un délicieux brunch chez Madame Chapeau / remonter chez nous à pied par une météo de début d'automne idéale / faire une pause au musée Belvue pour prendre un verre et bouquiner un peu dans leur joli jardin / le brun vernissé des premiers marrons gisant au milieu des feuilles mortes

...et sans jour particulier: cette vidéo ("Chaque être humain est un artiste; sa plus grande oeuvre c'est sa vie") / le masque de nuit TonyMoly au bambou, acheté pour sa mignonne boîte panda, a une odeur fraîche super agréable et fait la peau toute lisse / d'après cette astrologie revisitée, je suis cactus ascendant pizza: c'est tout à fait moi!

mardi 20 septembre 2016

Pimpe ton Château-Lapompe



Mon dernier bilan sanguin a révélé une légère anémie, probablement une carence en fer. Mon généraliste m'a laissé le choix: ou il me prescrivait des comprimés de fer, ou je réduisais ma consommation de thé à deux tasses par jour (actuellement, je dois être à 5 ou 6 grands mugs). J'ai voulu jouer les dures-à-cuire: "Non mais ça va, je suis pas droguée non plus, je préfère éviter de prendre des cachets tant que c'est possible."

Là il est midi, j'ai déjà atteint mon quota autorisé en ayant passé deux heures et demie bloquée dans une salle d'attente, et je fais beaucoup moins la maligne. 

Deux tasses par jour, c'est misérable. Il m'en faut évidemment une au réveil, sinon je n'arriverai jamais à démarrer, mais à quel moment m'autoriser l'autre? Quand je me mets au travail en milieu de matinée pour m'encourager? Quand je me remets au travail après ma pause déjeuner, pour éviter de m'endormir? Quand j'ai fini de travailler, en guise de récompense? 

Et surtout, je vais boire quoi, le reste du temps? Les sodas et les jus de fruits bourrés de sucre, pas question. Les laits végétaux que Chouchou consomme en quantité ahurissante, je trouve ça dégueu. Les tisanes, je n'en raffole pas; ça peut encore passer le soir, mais c'est tout. Et l'eau seule, bof. Il va sans doute falloir que je prenne l'habitude d'acheter des citrons, de la menthe et des concombres bios et de les mettre à infuser dans une carafe le soir pour le lendemain. D'autres idées?

lundi 19 septembre 2016

Les enfants des autres



Je n'ai jamais voulu d'enfants, et je me suis toujours trouvée devant ceux des autres un peu comme une poule devant un couteau à huîtres: très perplexe et tout à fait incapable de communiquer avec eux. Leurs braillements, leur agitation me fatiguaient. Je me crispais dès qu'un bébé se mettait à hurler dans le train ou l'avion, et je rêvais de restaurants interdits aux moins de 12 ans. Il m'est arrivé de cesser de voir des amis juste parce qu'ils avaient eu des enfants et que je ne supportais plus que toutes leurs conversations tournent autour de ça. Quand mes neveux sont nés, je me suis réjouie du bonheur de ma soeur et de mon beau-frère, et j'ai trouvé ça chouette que la famille s'agrandisse, mais je n'éprouvais pas du tout l'envie de gâtifier devant eux ou de me mettre à quatre pattes pour jouer aux cubes, et il aurait fallu me coller un flingue sur la tempe pour que j'accepte de les garder tant qu'ils n'ont pas été propres et capables de dire où ils avaient mal le cas échéant - j'aurais eu beaucoup trop peur de faire une connerie par ignorance. 

Mais ces dernières années, j'ai commencé à me dire que ben oui, les bébés pleurent et les jeunes enfants courent partout, c'est normal. Quand d'autres gens lèvent les yeux au ciel ou soupirent bruyamment à cause de ça dans les lieux publics, j'ai envie de leur assener: "On vit en communauté et c'est vous l'adulte, comportez-vous comme tel". Je ne soupçonne plus les parents d'être trop laxistes ou de manquer d'autorité: j'ai bien compris que même avec la meilleure volonté du monde, parfois, il n'y a rien à faire pour empêcher un enfant de se rouler par terre en écumant de rage au rayons bonbecs de Carrefour. Mes voisins d'en face ont une petite fille qui a longtemps hurlé à crever les tympans de toute la population de Monpatelin chaque jour vers 18h et 1 heure du matin; ma première pensée n'a pas été de rouspéter qu'elle me réveillait la nuit mais de plaindre ses pauvres parents qui n'avaient sûrement pas signé pour ça. (OK, ma seconde pensée a été d'en faire des statuts sarcastiques sur Facebook en surnommant la gosse la Fille de Satan, mais bon.) 

Là, ça commence presque à devenir inquiétant. Je me suis monstrueusement amusée avec mes neveux pendant nos dernières vacances à Toulouse; maintenant qu'ils ont quinze et dix ans, j'adore faire des trucs et discuter avec eux (même si je ne comprends pas toujours leur vocabulaire de djeûns et si leurs goûts musicaux me font saigner les oreilles). Quand ils m'ont dit au revoir devant l'aéroport de Blagnac le jour du départ, mon coeur s'est brisé un tout petit peu, et ils ont commencé à me manquer à peine la sécurité franchie. Indépendamment de nos liens de sang, j'aime les personnes qu'ils sont en train de devenir: Attila complètement dans la lune mais super gentil et affectueux, Darklulu intelligent, angoissé et hyper déterminé à faire tout comme les grands. Du coup, j'ai décidé qu'on passerait Noël à Toulouse cette année pour profiter encore d'eux. 

Vendredi dernier, mon amie d'enfance Fleur, que je vois seule à seule au resto d'habitude, m'a invitée à dîner chez elle pour rencontrer son compagnon et leurs deux filles. Quand je suis arrivée, l'aînée m'a offert un bracelet en élastiques fluos et la cadette un collage de photos d'animaux sur lequel elle avait péniblement épelé son nom en grosses majuscules d'élève-de-CP-depuis-une-semaine. Elles m'ont entraînée dans leurs chambres pour me montrer leurs petits trésors et bombardée de questions pendant le dîner. La grande a même demandé à sa mère si je ne pourrais pas, un jour, venir faire une soirée pyjama avec elles et dormir là. Bon, j'imagine que ce n'est pas mon fluide personnel qui les a ensorcelées et que ce sont juste des gamines sociables en général, mais ça m'a quand même touchée, et j'ai au final sans doute passé une soirée plus agréable avec toute la famille que si on avait été juste entre adultes. 

Le lendemain, je devais prendre une glace sur le port avec un autre couple d'amis et leur petite fille. "Oui alors tu verras, elle est très vivante" m'a dit Gaby comme si elle s'excusait par avance. Mais bon, ça ne doit pas être super marrant pour une gosse de trois ans de rester assise pendant deux heures autour d'une table avec trois adultes qui parlent de trucs sans intérêt pour elle, devant des glaces auxquelles elle ne peut même pas goûter pour cause d'allergie au lactose. Moi j'ai surtout retenu que mes vieux potes de jeu de rôles étaient devenus des parents de compète, clairement gagas de leur progéniture, attentifs à ses besoins mais fermes quand il s'agit de la cadrer, et que ça ne les empêchait pas de s'intéresser encore à plein d'autres trucs et d'être restés très fun. 

Rentrée chez moi, je me suis quand même demandé pourquoi mon attitude vis-à-vis des enfants des autres avait autant changé ces dernières années, et la réponse m'est apparue presque immédiatement. Entre, disons, l'âge de 25 et 40 ans,  si on m'avait filé dix euros chaque fois que quelqu'un me demandait pourquoi je ne voulais pas d'enfants et m'affirmait que je passais à côté de "la plus belle chose dans la vie d'une fâme", je serais aujourd'hui en train de vous écrire depuis le bord d'une piscine à débordements avec vue sur la baie de Hong-Kong. Ce genre de question - répétée ad nauseam par ma mère et posée fort indiscrètement par des gens que je venais de rencontrer une heure plus tôt - me mettait dans une rage noire. J'en avais assez de me justifier sur mon non-désir de maternité et je le manifestais en mettant le plus de distance possible entre moi et les enfants des autres. 

Et puis j'ai eu 40 ans, et on a cessé de m'emmerder avec ça. "On" a accepté que, si incroyable que ça puisse paraître, j'étais une nullipare parfaitement heureuse de son sort, et que toute façon, même si je regrettais, il était trop tard pour changer d'avis. J'ai pu me détendre dans mes rapports avec les enfants des autres parce que ce n'était pas comme si, en me voyant interagir gentiment avec eux, on risquait encore de me dire: "Tu vois bien, tu ferais une super maman" ou "Allez, avoue qu'en fait, tu en as un peu envie!". Je suis désormais assez vieille pour ne plus avoir à montrer les dents à leur propos, et du coup, ils me sont devenus nettement plus tolérables, voire plaisants à fréquenter pour certains spécimens. 

Ou bien, c'est juste la vieillerie qui me fait ramollir, ma pauv' Lucette.