mardi 30 mai 2017

"The world of Steve McCurry" à la Bourse de Bruxelles




J'avoue: avant d'aller voir cette rétrospective de son oeuvre, j'ignorais le nom de Steve McCurry. Depuis le début des années 80, ses photos ont pourtant fait le tour du monde et la couverture de nombreux magazines. La plus célèbre d'entre elles est sans doute le portrait de cette jeune Afghane au regard vert clair qui orne l'affiche - et la plus saisissante, celle du World Trade Center en train de s'effondrer dans un monstrueux nuage de poussière et de fumée. Mais en vérité, chacun des 200 clichés qui composent cette exposition est un petit-chef d'oeuvre en soi, une image non seulement hyper maîtrisée sur le plan technique, mais pleine de force et d'émotion. 







Tout au long de sa carrière, Steve McCurry a arpenté les régions les plus pauvres et les plus dangereuses du monde pour en rapporter un témoignage inédit. Quand les Soviets ont envahi l'Afghanistan, il a passé la frontière en fraude avec des rouleaux de pellicule cousus dans ses vêtements. Pendant la première Guerre du Golfe, il a marché dans des champs de mine pour photographier la vision apocalyptique des puits de pétrole en feu. Si ses images de guerres et de désastres écologiques sont extrêmement frappantes, je trouve cependant que c'est dans l'art du portrait qu'il excelle le plus, avec une façon de capter le regard de ses modèles qui vrille absolument le coeur. 






En déambulant parmi les allées labyrinthesques créées à grand renfort de voiles, et dans lesquelles il est si facile de passer à côté de pans entiers de l'expo si on n'y prend pas garde, je n'ai pu m'empêcher de penser que je vivais vraiment dans un monde de Blancs privilégiés, sans consommer grand-chose d'autre qu'une culture blanche privilégiée. J'ai pris conscience de l'étroitesse de mon référentiel, alors que les Blancs sont une minorité à la surface de notre planète et qu'il existe tant d'autres modes de vie, tant d'autres environnements, tant d'autres histoires que les nôtres. Bien sûr, je le savais déjà intellectuellement, mais les photos de Steve McCurry me l'ont fait comprendre à un niveau beaucoup plus viscéral. 






Petit bémol: je n'ai pas raffolé de la scénographie, notamment de l'absence de cartels et du fait que l'audioguide est obligatoire si on veut savoir ce qu'on regarde. Comme je déteste ces engins de Satan (en plus, Chouchou qui en a pris un m'a dit que la voix française était bêtement superposée à la VO, ce qui rendait le tout assez inaudible), je me suis contentée de mon ressenti pur sur place. Et à la sortie, j'ai acheté le catalogue de l'expo que j'ai lu tranquillement chez moi le soir, pour découvrir dans quelles circonstances ont été prises les photos préférées de Steve McCurry. 

Ce détail mis à part, je vous recommande très chaudement cette magnifique exposition.

"The world of Steve McCurry"
Place de la Bourse 1
1000 Bruxelles
Entrée tarif normal: 12€
Tous les jours jusqu'au 25 juin 2017

lundi 29 mai 2017

Les brunchs du dimanche (45): Le chalet Robinson




Situé au milieu du bois de la Cambre (le Central Park bruxellois), sur une petite île à laquelle on accède par un bac, le chalet Robinson a été déjà ravagé par des incendies deux fois. Dans sa version actuelle, il propos tous les week-ends un brunch réputé non seulement pour la beauté du cadre, mais pour l'excellence des mets. Profitant d'un beau dimanche ensoleillé, Chouchou et moi avons été tester ça...





D'abord, pour les détails pratiques: le bois de la Cambre est difficile d'accès par les transports en commun (on peut prendre le 38, mais il faut encore pas mal marcher après la descente du bus). Et le bac coûte 1€ par personne pour l'aller-retour; il faut donc penser à avoir un peu de monnaie sur soi. Il y a deux services pour le brunch, à 11h et à 13h, et en raison de l'affluence, il est fortement recommandé de réserver à l'avance. Lorsqu'il fait beau, on mange sur la très grande terrasse ombragée par des parasols - mais en partie seulement, donc, prévoir de quoi se protéger la tête au cas où!





Le brunch comprend une boisson chaude ou froide à choisir dans la carte (thés Palais des Thés, café, chocolat chaud à base de pastilles de chocolat, sodas et eaux minérales, jus de fruits frais, limonade maison, Cava, bière...), ainsi que l'accès libre à un buffet salé de plats froids et chauds, et un buffet sucré plein de desserts en portions minuscules et toutes choupis. Tout est préparé maison par Choux de Bruxelles, le traiteur du chalet Robinson. Et surtout, tout est tellement délicieux que j'ai beaucoup, beaucoup trop mangé. Mention spéciale pour les pâtes à la truffe, une tuerie dont je me suis resservie alors que mon estomac était déjà bien plein et que je n'avais pas encore touché à mes desserts... Prix du brunch: 30€ par personne, soit un peu plus cher que la moyenne des brunchs bruxellois, mais très raisonnable pour la qualité de la prestation. 




En guise de promenade digestive, on peut modestement faire le tour de l'île à pied en s'extasiant devant les oies et les canards peu farouches qui y pullulent, ou louer une barque pour qu'un des convives travaille ses biceps pendant que les autres laissent languissamment pendre une main dans l'eau. 

Sentier de l'Embarcadère 1
(dans le bois de la Cambre)
1000 Bruxelles
Tel: 02 372 92 92

dimanche 28 mai 2017

C'était la semaine où... (#21)




...j'ai été reprise de vertiges légers, mais suffisants pour me dissuader d'aller à l'aerial yoga de crainte d'aggraver mon cas. Je me rattraperai en juin!
...n'en pouvant plus des quatre murs de l'appart', un après-midi, j'ai proposé à Chouchou d'aller bosser au Living Room. Je devrais faire ça plus souvent: la position assise en tailleur sur un canapé un peu dur est excellente pour le haut de mon dos. 
...je me suis levée tôt pour écrire un billet, et après avoir passé plus d'une heure dessus, je l'ai supprimé au lieu de le publier parce que je n'en étais pas satisfaite. Quand ça veut pas, ça veut pas.
...Sa Carrotitude est venue en visite à Bruxelles. Pendant quelques minutes, on s'est retrouvés à 1,34km d'elle (oui, on s'est amusés à mesurer sur Google Maps). Par contre, j'avais vraiment trop de boulot pour aller manifester - et je l'ai regretté en voyant le nombre de mes amis qui avaient fait l'effort, eux.
...sur un coup de tête, un soir, on est partis tester les burgers de Green Mango, et on a adoré. En plus,  le chemin pour y aller depuis chez nous passait devant le caviste de la chaussée de Vleurgat, où j'ai pu acheter une bouteille de l'excellent vin portugais goûté la semaine précédente. Dobeulouin.
...je me suis réjouie que le mariage pour tous ait été légalisé à Taiwan. Ca ne compense pas la torture et les meurtres dont les homosexuels sont victimes en Tchétchénie, mais ça donne de l'espoir.
...après le N, c'est maintenant la touche 9 du clavier de mon MacBook (changé début janvier à grands frais) qui se découvre de violentes velléités d'indépendance. Je suis super fâchée contre Apple. Au prix de leurs laptops, j'attendais autre chose que cette camelote.
...il a fait tellement beau que j'ai dû procéder au nettoyage annuel de mes vitres. Rendez-vous en mai 2018.
...j'aurais dû me méfier du titre de chef-d'oeuvre attribué à "Fates and Furies" de Lauren Groff. C'est sans doute le pire bouquin que je me suis jamais infligé avec son style ridiculement prétentieux, ses personnages ridiculement improbables et ses twists ridiculement invraisemblables.
...entre violence gerbante et ennui irrésistible, j'ai décroché vers la moitié du premier épisode d'"American Gods". Moi qui avais adoré le bouquin et qui attendais la série avec tant d'impatience...
...heureusement, l'expo photo de Steve McCurry à la Bourse a rattrapé tous les autres fails culturels de la semaine; je publie un article dessus très vite!
...jusqu'à nouvel ordre, j'ai décidé d'appeler Chouchou "Farfadet Flochovent". Non, vous ne voulez pas savoir pourquoi.
...pour nous rafraîchir un peu, Chouchou Farfadet Flochovent a eu l'excellente idée de suggérer une glace chez Gaston. J'ai goûté les sorbets fraise-rhubarbe-poivres et ananas-gingembre-poivre de Sichuan: ils sont fabuleux tous les deux.
...au lieu d'aller courir les 20 km de Bruxelles le dimanche, on a été tester le fantastique brunch du Chalet Robinson. Je voudrais bien qu'on m'explique pourquoi, quand on fait un gros repas le midi, on a juste envie de dormir tout l'après-midi, alors que si on fait un gros repas le soir, impossible de fermer l'oeil de la nuit. Mère Nature a décidément l'esprit de contrariété.

vendredi 26 mai 2017

Les limites du développement personnel




Ce post m'a été inspiré par la conversation que j'ai eue avec mon amie Isa suite à la publication de ce billet sur son blog

Je dis souvent qu'on n'est pas condamné à souffrir éternellement de ses propres névroses et/ou à toujours infliger ses pires défauts à son entourage. Qu'en travaillant sur soi grâce aux outils de la psychothérapie et du développement personnel, il est possible de changer, de devenir une personne plus équilibrée, plus heureuse, plus agréable à fréquenter. Cependant, il est une chose dont on ne parle pas assez: outre le fait que ces évolutions réclament du temps et des efforts, elles ont leurs limites impossibles à dépasser, ou presque. 

Je suis persuadée qu'on a très peu de chances de résoudre un jour les gros problèmes dus à sa nature profonde. Plus c'est une chose qui fait intimement partie de nous et qui nous définit, plus le prix à payer pour s'en débarrasser est élevé, au point qu'il vaut parfois mieux renoncer à l'éradiquer  et se contenter de l'améliorer légèrement, petit à petit. Par exemple, je déplore d'avoir très peu d'empathie et de beaucoup juger les autres. Mais lutter contre ça me coûte des efforts considérables pour des résultats dérisoires, si bien que j'ai fini par conclure que c'était un mauvais emploi de mon énergie. Je me suis résignée à rester à l'extrémité rosse du spectre du rapport à autrui. Ca ne m'empêche pas de faire ponctuellement preuve de bienveillance ou même d'indulgence, mais ces deux traits de caractère ne seront jamais mon mode de fonctionnement par défaut. C'est ainsi. J'ai d'autres qualités à offrir au monde, et je préfère me consacrer à développer celles-là. 

Le soi parfait n'existe pas. C'est, pour ceux d'entre vous qui ont conservé quelque souvenir de leurs cours d'algèbre du lycée, une sorte d'asymptote de notre fonction personnelle. On peut tendre vers lui, mais penser qu'on réussira à l'atteindre serait vain. A la place, on peut tenter de devenir le meilleur soi possible, à condition de ne pas non plus le surévaluer par orgueil. Viser une zénitude parfaite ne ferait que me rendre malheureuse en plaçant sur moi le fardeau d'attentes irréalistes. Si je garde cet objectif en tête, il est possible que le temps et des événements externes bien assimilés me poussent dans la direction d'une plus grande sérénité au fur et à mesure que je vieillirai. Mais seuls, mes efforts internes les plus déterminés ne suffiront pas. Ce qui ne m'empêche pas de faire des exercices ou de me donner des règles pour m'améliorer sur ce point: me demander si la chose qui me perturbe très fort aujourd'hui me semblera encore importante d'ici un an, ou me forcer à attendre le lendemain pour répondre à un mail qui m'a mise en colère. Parfois ça marche, et parfois pas. Mais c'est le mieux dont je suis capable, et je tâche d'apprendre à m'en contenter. 

Et ce qui m'a enseigné ça, ce sont les angoisses chroniques qui me pourrissent la vie depuis des années. Dieu sait que je n'ai pas ménagé mes efforts pour m'en débarrasser. J'ai tout essayé, y compris aller m'allonger sur le divan d'un psy alors que le principe me faisait horreur. J'ai obtenu des résultats variables avec le yoga, la méditation et la pensée positive. Et j'ai fini par admettre que, peut-être, c'était un problème sans solution - ou du moins, sans solution à ma portée -, un mal que j'allais traîner jusqu'à mon dernier souffle et avec lequel je devais apprendre à cohabiter de mon mieux. Depuis, au lieu d'essayer de le guérir (et de m'en vouloir à mort de ne pas y arriver, comme si c'était un manque de volonté ou d'intelligence de ma part), j'essaie de le gérer. Je ne cherche plus la baguette magique qui va le faire disparaître, mais les moyens concrets qui me permettront de gérer chaque attaque individuellement. Est-ce que c'est parfait? Non. Mais je ne suis pas parfaite. La vie n'est pas parfaite. Et je refuse de gaspiller la mienne à combattre des adversaires hors de mon atteinte. 

Je ferai toujours, toujours partie des gens qui tentent perpétuellement de s'améliorer. Mais pas pour satisfaire à un quelconque idéal de perfection imposé par la société, par les gourous du développement personnel ou pire: par mon propre ego. Juste pour rendre modestement ma vie un peu plus douce et un peu plus jolie. 

jeudi 25 mai 2017

Green Mango




Hier soir, histoire de faire des provisions de gras pour ce jeudi férié durant lequel la plupart des restaurants seraient fermés, nous avons décidé d'aller tester un burger joint juste à la bonne distance de chez nous pour qu'on puisse s'y rendre à pied et brûler au moins les calories de la rondelle de tomate au retour. Notre choix s'est porté sur le Green Mango, dont j'avais lu beaucoup de bonnes critiques. Mais lorsque nous sommes arrivés un peu avant 19h, on nous a annoncé que si nous n'avions pas réservé, tout était complet. Argh. J'ai fait mes yeux de Bambi mort de faim, et le gentil serveur barbu s'est débrouillé pour nous trouver une table dont les futurs occupants ne devaient arriver qu'à 20h. Comme Chouchou et moi avons tendance à inhaler notre nourriture et à ne pas nous attarder outre mesure à table, ça m'a paru parfait. 




Première difficulté: choisir dans la carte! Pour la boisson, je n'aurais pas refusé un cocktail, mais alcool + viande le soir = mauvaise nuit en perspective, donc j'ai sagement suivi l'exemple de Chouchou et commandé une limonade maison. Pour le burger, impossible de résister à la tentation du boeuf, surtout accompagné de foie gras de canard et de mayonnaise à la truffe comme dans le Sub-Til. Mais j'aurais bien goûté aussi le Pollos Hermanos avec du poulet, du fromage de chèvre et plein de légumes du soleil. Chouchou, de son côté, a opté pour un Sicario. J'ai noté avec plaisir l'existence d'une option végétarienne et halluciné à la vue du Godzilla, haut comme un ananas et contenant quatre ou cinq steaks plus autant de tranches de bacon et de fromage. Les gens qui le prennent et le finissent voient leur portrait tiré au Polaroïd épinglé sur le Hall of Fame du restaurant, à côté du bar. 




Nous avons été servis rapidement et avec le sourire, et j'ai aimé que nos simples limonades soient présentées aussi joliment que des cocktails. Les frites étaient des wedges; je les préfère sous leur forme classique plus mince, mais c'est une question de goût personnel. Dans le burger, comme je ne suis pas fan des buns un peu mous qui se désagrègent en un clin d'oeil, j'ai particulièrement apprécié le pain à la croûte croustillante qui m'a permis de manger avec les mains comme une barbare. Et le plus étonnant, c'est que même si j'étais bien calée à la fin, je n'ai pas eu cette horrible sensation de lourdeur habituelle après un burger-frites. Peut-être parce que, si ma recette contenait une triple dose de viande, elle ne comportait en revanche pas de fromage? De son côté, Chouchou a dévoré son Sicario en poussant de petits grognements de bonheur et en prévoyant déjà de revenir bientôt. 




Cela dit, si jamais vous avez (inexplicablement) envie d'autre chose que d'un burger, Green Mango propose aussi des soupes, des salades et des tartares. Et des desserts, pour ceux à qui il reste encore de la place en fin de repas. Côté boissons, outre les cocktails et la limonade maison, plein de smoothies et de milkshakes aux délicieux parfums. Et même du vin et de la bière. Il faudrait être vraiment difficile pour ne pas sortir de là repu et enchanté. 




Chaussée de Vleurgat 142
1000 Bruxelles
Tel: 02 649 90 13
Réservation conseillée